Ultraman vs Monstre
(version « tentations de Saint Antoine »)

103 volumes peints, 2016

Quand je regarde le contexte artistique japonais, je n'y vois pas des prises de positions issues d'une quelconque réflexivité que l'on peut qualifier de dialectique. Je n'y vois que des cadres et des formes : les cadres sont des modèles objectifs pour construire des expos consensuelles dans un musée, les formes sont des expressions que prennent des artistes pour avoir l'air d'artistes véritables.
Tout cela est très harmonieux, des musées lisses et des artistes superficiels, mais quelle est la finalité de tout ce système ? J'ai beau creuser, tout cela ne sert à rien, les musées n'ont aucun but intellectuel et les artistes n'ont aucune fonction sociale. Les formes d'arts viennent de l'Occident, mais quand elle arrive au Japon, elles sont copiées en perdant leurs finalités propres.

En citant Aristote, l'on peut qualifier le monde l'art japonais de monstrueux :
« Dans les choses ratées, certaines sont entreprises en vue d’une fin mais échouent, (...) les monstres sont des erreurs de ce qui advient en vue d’une fin. » (Physique, II, 8, 199 b 1. trad. A. Stevens)

Étant à la fois étranger et participant à ce monde monstrueux, je ne peux m'empêcher de projeter l'histoire de la peinture occidentale référant au mythe des tentations de Saint Antoine à chaque épisode télévisuel d'Ultraman dès que celui-ci combat des kaijus.

 

 

vues de l'exposition "Run Run Run" à la Villa Arson, 2016
(intervention du Palais des paris avec aussi Johan Decaix, Yukari Hara et Tamanosuke Toyoda)

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Vues d'atelier, 2016

 

 

ultramans:

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monstres:

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